Alors, voilà : je voulais seulement te dire...
Te dire que ma vie est toujours pleine de toi et que mille fois par jour, je t'envoie mes pensées dans l'espoir qu'elles t'atteignent.
Te dire que sans toi, je meurs à petit feu, parce que tu es mon véritable point d'ancrage.
Te dire que j'ai tout gardé de nous : nos chassés-croisés, nos souffles qui s'emmêlent, nos abandons, notre lumière, et que tout reste en moi et me contamine comme une infection dont je refuse de guérir.
Te dire que j'ai essayé de te fuir, mais que tout me ramène à toi et que depuis que je suis à New-York, je te sens plus présent que jamais. Contre toute logique, je m'accroche à cette conviction que tu m'aimes encore, même si j'ignore toujours pourquoi tu m'as quittée et si notre histoire avait un sens pour toi.
Si je devais ne jamais te revoir, j'aimerais que tu saches que je ne regrette rien. Que les morsures cruelles de la douleur pèsent de peu de poids face à la parenthèse de notre amour.
Peut-être te souviens-tu de cette soirée dans ton petit appartement de Greenwich, lorsque cette tempête avait enseveli Manhattan sous la neige. Nous étions restés une semaine sans sortir. C'était le premier jour où il ne neigeait pas. Emmitouflés dans des couvertures, on regardait la ville à travers la vitre. Le soir venait de tomber, mais il n'y avait encore qu'une seule étoile dans le ciel. Je me sentais triste et seule, car le lendemain je devais repartir en France. J'ai désigné l'étoile et je t'ai confié : « Tu vois cette étoile solitaire perdue dans l'immensité du ciel ? Eh bien, cette étoile, c'est moi. » Tu m'as regardée puis tu as pointé le firmament et, comme par magie, une autre étoile s'y est allumée. Alors, tu m'as dit : « Celle-là, c'est moi. » Pendant quelques secondes, nous avons été les deux seules étoiles dans le ciel de Manhattan. Et au fond, je n'ai jamais rien désiré d'autre : savoir qu'il y aurait toujours quelqu'un avec moi.
< Extrait du livre "je reviens te chercher" de Guillaume Musso >